Moi, une co-apprenante ?

Une bulle d'idée vide

Mélanie Couturier, EPEI- Facilitatrice pédagogique, CEF

Dans le cadre de mon rôle comme facilitatrice pédagogique pour le Centre d’excellence pour la petite enfance et la garde d’enfants, j’accompagne des équipes de professionnels en petite enfance. En fait, “accompagner”, qu’est-ce que c’est au juste ?

Fleurs sauvages sur un fond de planche de bois

Depuis le début du mois de juin, les professionnels de la petite enfance que j’accompagne sont motivés, curieux et engagés. Selon moi, accompagner c’est un peu comme être co-apprenant. 

Le document ressource demande aux éducatrices et éducateurs d’être attentifs aux connaissances des enfants, aux questions que ces derniers se posent et à leurs hypothèses sur le monde qui les entoure. Les éducatrices et éducateurs tissent des liens avec les enfants, les observent et les écoutent. Ils discutent aussi avec d’autres éducatrices et éducateurs, ainsi qu’avec les enfants, les familles et les fournisseurs de soins, des possibilités de nouvelles découvertes par les enfants selon des modes de plus en plus complexes. Tous sont des co-apprenants qui construisent leurs connaissances ensemble

A chaque rencontre, je suis attentive aux connaissances des professionnels, aux questions qu’ils se posent et à leurs hypothèses. J’apprends quelque chose de nouveau autant sur les réalités que vivent les diverses équipes, que sur moi-même. Je me questionne sur mon rôle comme accompagnatrice, je partage mes questionnements, mes réflexions et mes propres hypothèses avec mon équipe.

Source: Comment apprend-on? Pédagogie de l’Ontario pour la petite enfance page 15 et 16

Mon objectif comme accompagnatrice est de grandir, d’apprendre et de me surpasser comme professionnelle. Je veux “fleurir” tout comme je veux voir mes équipes “fleurir” également.

Nous sommes tous des co-apprenants et nous construisons nos connaissances ensemble.

En étant co-apprenante, je me questionne sur mon rôle et sur l’influence que je peux avoir comme leader. 

  • Est-ce que je laisse suffisamment de place à la réflexion?
  • De quelle manière est-ce que j’établis une atmosphère de confiance avec mes équipes ?
  • Comment est-ce que je peux accompagner une équipe déjà motivée, engagée et forte en pédagogie ?
  • Quelle est ma place dans ce processus ? 

Autant de questions, mais toujours peu de réponses. Je me permets de prendre ça un jour à la fois, de vivre des essais, des erreurs et de recommencer ce cycle d’apprentissage. Si on croit que le processus est plus important que le produit final pour l’apprentissage d’un enfant, il en va de même pour l’apprentissage d’un adulte.  Je tiens compte de mon processus, de mes défis, de mes questions, de mes déceptions et aussi de mes succès, de mes curiosités et de mes apprentissages. 

Les approches qui sont efficaces chez les enfants sont aussi des éléments clés de l’apprentissage et de l’engagement pour les familles et les personnes qui travaillent auprès des enfants, car ce qui est une bonne pédagogie pour l’enfant l’est aussi pour l’adulte.

Comment apprend on? Pédagogie de l’Ontario pour la petite enfance. Page 16

Je suis loin de détenir toutes les réponses, mais des questions, j’en ai ! En me plaçant dans ce rôle de co-apprenante, je me pousse personnellement à aller au-delà de mes connaissances et je me place dans une zone d’apprentissage. Parfois même en zone de danger ! Être co-apprenante me permet de faire confiance à chaque étape, à chaque petit succès, à chaque nouvelle découverte et de viser plus haut, tout en demeurant à l’écoute de ce que je vis quotidiennement. 

Dans le cadre du poste que tu occupes présentement, comment deviens-tu co-apprenant?