Lise Lamoureux, TES – Facilitatrice pédagogique, CEF

J’ai eu la chance de regarder une courte vidéo dans laquelle la compagnie Ikea a demandé à des enfants d’un peu partout dans le monde d’écrire deux lettres. La première lettre s’adressait au Père Noël (ou le personnage qui représente cette image) en inscrivant ce qu’ils voulaient comme cadeau et la deuxième lettre consistait à écrire ce qu’ils désiraient de leurs parents.  Savez-vous ce que les parents ont découvert?

Pour visionner la vidéo:

https://www.bing.com/videos/search?q=video+d%27ikea+lettres+de+no%c3%abl&qpvt=video+d%27ikea+lettres+de+no%c3%abl&view=detail&mid=E8966198D37098E7B221E8966198D37098E7B221&&FORM=VRDGAR

Les parents ont constaté que leurs enfants demandaient simplement de passer plus de temps de qualité avec eux, soit par le jeu, leur présence et leur écoute. Alors, en feuilletant mon livre, je me suis demandé à qui l’on fait plaisir lorsque, dans nos services à l’enfance, on dépense un temps fou à décorer, à bricoler, à demander aux enfants d’écrire ou de coller des images de cadeaux. À quel moment, le désir de créer un environnement (qui leur enlève sûrement de la place pour explorer, pour expérimenter et pour jouer), a-t-il été exprimé par les enfants? Est-ce qu’on a tenu compte des cultures et des croyances des familles qui font appel à nos services? 

Combien prennent le temps de discuter avec l’enfant ou la famille sur leur compréhension ou leur position vis-à-vis une fête commerciale? Eh bien oui, aujourd’hui je parle de la fête de Noël, mais il y a plusieurs autres fêtes commerciales qui nous font dépenser beaucoup d’énergie sur la décoration.

Nous pouvons minimiser le côté commercial des fêtes traditionnelles afin qu’elles ne deviennent pas le centre d’attention du programme. Nous pourrions donc éviter de consacrer l’énorme quantité de temps qu’il nous faut habituellement pour décorer la classe pour les diverses thématiques et les fêtes, qui sont souvent difficiles à célébrer de manière inclusive.

Penser, sentir, agir p. 15

Un autre aspect qui m’intrigue, c’est lorsque vient le temps de faire de la documentation pédagogique, car on dit souvent manquer de temps. Par contre, on a tout le temps du monde pour décorer nos salles. Est-ce que nos priorités, nos dispositions et la compréhension de notre rôle seraient encore ambiguës pour certains d’entre nous?

Si les enfants dans la vidéo demandent à leurs parents de passer plus de temps de qualité ensemble.  Qu’est-ce que vous pensez qu’ils vous demanderaient à vous, professionnels en petite enfance, qui partagez leur quotidien?  Un local bien décoré ou un moment précieux avec vous, comme co-apprenants dans leur apprentissage?

Une tablette à esquisses. Il est inscrit : Chers professionnels en petite enfance, le plus beau cadeau que vous pouvez nous offrir est .... En-dessous de la phrase on voit un stylo vert.

Pistes de réflexion

Où est la place des enfants et des familles dans mon besoin d’aborder les fêtes commerciales dans ma salle ou dans mon organisme?

À quel moment ai-je tenu compte des croyances des autres cultures ?

De quelle façon est-ce que je pourrais incorporer des apprentissages significatifs en lien avec les fêtes commerciales ?

Comment mon temps passé à la décoration pourrait-il être utilisé pour valoriser les apprentissages des enfants par la documentation pédagogique ?